Histoire des Betizus

 

Le mot « betizu » vient des deux mots basques beh(i)=bovin, vache et izu=sauvage, fugitif. Ceci est lié au caractère sauvage de ces animaux qui se cachent dans des zones arborées (Gomez, 1996). D'autres appellations ont été utilisées dans le passé par les chasseurs ou les éleveurs basques tels que "herri ganadu" (Etchevarria, 1975), "herri behi" (Staffe, 1926), "behi auzo", "basabehi" (Seiliez, 1975), "abel gorri" ou bien "kata pizar". Dans quelques publications apparaissent des termes incorrects tels que "betizuak", "betitzu" ou "betiso " (Darrigade, 1979). La race betizu, considérée comme l'une des races bovines les plus anciennes du Vieux Continent, s'est vue réduite, jusqu'à il y a peu d'années, à une extinction presque totale. Concernant son origine, il y a diverses théories (Garcia Dory, 1986), depuis celles qui la relient directement à l'auroch, jusqu'à celles qui assurent qu'elle a un rapport avec les premiers bovidés des Pyrénées. Mais toutes sont d'accord pour dire qu'il s'agit du groupe résiduel des anciennes vaches connues sous la dénomination de race basque ou des Pyrénées (Plazaola, 1992 ; Association de Amigos de la Betizu, 1995).

 

C'est en 1995 que des actions coordonnées se mettent en place et que divers acteurs préoccupés par le devenir de cette race se réunissent de façon suivie. En 1998, le standard racial est signé à Pampelune en Navarre : selon ce standard, la race betizu est constituée par une population bovine dotée d'une grande rusticité et d'un faible développement corporel : le mâle mesure environ 1,30 m au garrot et pèse dans les 400 à 500 kilos. La femelle est un peu plus petite : 1,20 m et un peu plus légère : 300 à 350 kilos. Ces bovins présentent une robe de couleur froment qui varie du froment clair au froment presque rouge selon le sexe et la saison.

 


Enfin, la race betizu apparaît dans la deuxième édition du World Watch List for Domestic Animal Diversity, édité par la FAO en 1995, où l'on considère qu'elle est dans une situation critique, vue la faiblesse de ses effectifs. Pour la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, il s'agit d'une « population primaire, en danger et non maintenue ».