Comportement des betizu

Structure sociale :


La structure sociale des betizu n'est pas rigide, mais au contraire assez lâche. Une population de betizu est formée de « troupeaux » dont les effectifs atteignent quelques dizaines d'individus. Ces « troupeaux » sont divisés en « hardes », comptant de 2 ou 3 à une dizaine d'animaux, de nature différente, telle que : des hardes stables constituées de femelles avec leurs petits de l'année ou de l'année précédente, des hardes instables constituées de femelles et de mâles de 2 à 3 ans, des hardes plus ou moins stables constituées de mâles non dominants et de femelles non suitées, des animaux âgés et solitaires et enfin le mâle dominant qui est tantôt seul, tantôt accompagné d'un mâle non dominant, tantôt dans une harde quelconque. Des hardes peuvent se rencontrer temporairement et ne former qu'un seul groupe, puis se séparer à nouveau. Enfin, pendant la période de rut, et plus généralement pendant toute la belle saison, il existe une nette tendance au regroupement de tout le troupeau.

 

Reproduction :


Le rut est précédé de combats entre les mâles, combats qui ont lieu essentiellement en février - mars - avril et qui peuvent être soit de simples simulacres de combat soit de véritables combats assez violents pour qu'il y ait parfois des blessés. Le rut a lieu en juin, avec avance ou retard possible d'un mois. La gestation dure neuf mois et demi environ, si bien que la mise bas a essentiellement lieu en mars. La femelle s'isole en un endroit retiré et abrité. Il y a un seul petit. Au bout de quelques jours, elle sort de son isolement et, accompagné de son petit, vient rejoindre son groupe.
Les petits sont allaités jusqu'au printemps de l'année suivante, mais commencent à mordiller l'herbe dès leur première semaine. Le lien mère petit est au début très puissant, puis va en s'atténuant : il dure généralement jusqu'à la deuxième année dans le cas où le petit est un mâle, mais semble durer toute la vie dans le cas où le petit est une femelle. C'est peut-être là l'origine de la cohésion des groupes et des troupeaux.
Le cycle de reproduction est étalé sur deux ans, ce qui se traduit concrètement de la façon suivante : à 2 ans la jeune femelle a ses premières chaleurs en mai - juin, à 3 ans sa première mise bas à lieu en mars, à 4 ans chaleurs en mai - juin, à 5 ans mise-bas en mars, et ainsi de suite. Cependant il faut préciser que plusieurs cas de mise-bas 2 années consécutives ont été observés.

Migrations saisonnières :


Les migrations et la vie sociale des Betizu obéissent à un cycle annuel. Ils passent habituellement l'été soit dans des bas-fonds humides et boisés, des ravins soit en altitude sur des versants exposé au Nord. Ils forment alors souvent des groupements de hardes ou même reconstituent le troupeau en entier.
L'automne les voit décantonner et ces groupements se disloquent en hardes homogènes qui s'installent en altitude, sur des versant exposés au Sud, hors de la forêt, à quelque distance les uns des autres. Et l'hiver se passe ainsi.
Au début du printemps, des hardes se rejoignent et reconstituent à nouveau des groupes mixtes, voire même le troupeau au grand complet. Quant aux mâles, ils s'affrontent et, certains jours, la montagne résonne de leurs beuglements. Le plus fort, le mâle dominant, couvrira les femelles réceptives lors du rut, mais il ne chassera pas pour autant les mâles non dominants.
Finalement, la belle saison arrive et les groupes vont se fixer dans des bas-fonds, dans la forêt ou sur des versants Nord prêts à passer l'été.
C'est là le schéma général, cependant notons encore que si, chez certains troupeaux, les migrations saisonnières sont assez peu marquées, chez d'autres elles peuvent l'être très fortement. Notons également qu'il arrive assez souvent que des animaux passent d'une harde à une autre soit temporairement, soit définitivement, que des hardes se fassent ou se défassent et qu'il arrive même que des animaux passent d'un troupeau à un autre (2 troupeaux dont les espaces vitaux sont contigus) soit temporairement ce qui est assez fréquent, soit définitivement, ce qui est beaucoup plus rare. Enfin, l'espace vital d'un troupeau comporte 3 zones : une zone refuge boisée, escarpée, diversifiée à très faible degré de fréquentation humaine, une zone de gagnage parsemée de points d'eau et de lieux de repos, et enfin une zone périphérique d'errance couvrant une superficie d'environ 1000 hectares.